Vers de nouvelles formes de guerres et nouveaux détours

Le détour et la ruse ont poussé les puissances occidentales à avancer, à chaque occasion, avec « un cheval de Troie ». Une apparence civilisée mais des objectifs latents inavoués.

C’est dans ce cadre que des cartes géographiques ont été remodelées. La dernière tentative en date est en train de se dérouler sous nos yeux dans le monde Arabe.

On lui invente un nom d’apparence flatteur le « printemps arabe ». Inutile de préciser que de grands fournisseurs de pétrole, en l’occurrence, les monarchies et émirats, issus de cette «  nouvelle carte » dessinée par les occidentaux, serviront de tremplin pour mener à terme le plan de déstabilisation de toutes ces régions.

Initié dans le cadre du projet de Grand Moyen-Orient, annoncé début 2004 son concepteur, George Bush décrètera : « Tant que le Moyen-Orient restera un lieu de tyrannie, de désespoir et de colère, il continuera de produire des hommes et des mouvements qui menacent la sécurité des États-Unis et de nos amis. Aussi, l’Amérique poursuit-elle une stratégie avancée de liberté dans le Grand Moyen-Orient », jetant ainsi les bases d’un remodelage de cet espace.

Cette stratégie de remodelage de la géographie politique passe par la destitution de l’histoire commune comme ciment national, au bénéfice de critères ethniques ou religieux qui serviraient de lignes de démarcation pour de nouvelles frontières.

Au programme :

L’explosion de la Somalie, la division du Soudan, l’écartèlement de l’Irak, les menaces qui pèsent sur l’unité de la Libye, le spectre de la désagrégation des États sahéliens…, la destruction des institutions, des infrastructures civiles et militaires, le pourrissement économique, l’émiettement de la cohésion nationale, l’anéantissement des valeurs fondatrices des États, et, en définitive, à la mise au pas derrière les pays qui pilotent ce siècle.

Il n’y a pas d’autres objectifs que le contrôle total des réserves d’énergies fossiles qui procède de l’obsession morbide de mener une fois de plus les affaires de la planète au profit d’un camp et de gouverner le monde pour faire soumettre des peuples par d’autres.

C’est le retour, sous d’autres formes, aux XVIe et XVIIe siècles, à l’âge d’or de la colonisation et du mercantilisme, à la spoliation des peuples, à leur extermination, à l’épuisement de leur sol et sous-sol, de leurs richesses pour satisfaire des industries insatiables.

Le dénominateur commun à toutes ces conquêtes, véritables croisades qui ont modifié au fur et à mesure la carte mondiale, a revêtu tour à tour, un caractère religieux, puis un besoin de maitrise et possession de ressources naturelles à travers le contrôle des régions qui les renferment et des voies d’échange.

Au début, durant plusieurs siècles, l’objectif était les richesses du sol, minières ou agricoles. Mais avec la révolution industrielle, l’accroissement de la consommation d’énergie et la perspective d’épuisement des ressources nécessaires, les hydrocarbures et toute autre source d’énergie sont devenus la ressource à posséder, à en contrôler la propriété, l’accession ou l’échange.

La première phase a consisté à maîtriser les technologies d’exploitation, de transformation et de consommation, durant la première moitié du XXème siècle.

L’énergie et la sécurité énergétique sont devenues, petit à petit, durant la deuxième moitié de ce siècle une préoccupation majeure pour les grandes puissances, et sont maintenant au cœur de toutes les stratégies.

Elles seront certainement à l’origine de tous les bouleversements futurs à l’échelle mondiale.

Les problèmes que pose la stabilité au Sahel dont l’Algérie a une longue frontière que rapprochent langue, culture et religion nous interpellent ! Un Sud riche en pétrole, en gaz et en minerais suscite les intérêts, ne devrais-je pas dire la voracité des puissantes multinationales qui dirigent le monde. Pour ne pas perdre du terrain dans la course vers la domination du monde, l’ancienne puissance coloniale n’a pas hésité à expérimenter l’arme dissuasive, fatale, au sud de l’Algérie qui tue toujours, 60 années après l’indépendance.

Les mouvements de position, à l’intérieur du grand échiquier qu’est devenu l’espace géopolitique mondialisé, donnent lieu à des offensives impitoyables dont font les frais les pays les plus faibles.

Cette injustice des puissants occidentaux a permis l’émergence d’un islamisme radical, consolidé en Afghanistan, dans les années 1980, avec le concours des services secrets américains. Tous les pays musulmans excepté ceux protégés par les Etats-Unis sont menacés d’engloutissement, l’Algérie entre autres, l’Egypte, l’Irak, le Pakistan, l’Indonésie…

Les grandes conférences onusiennes ont misé sur un nouvel ordre international, en fait on a eu finalement droit à un système international qui attise les tensions entre les riches et les pauvres alimenter par l’insatiable appétit d’enrichissement des multinationales sous couvert d’une autre dynamique ,celle de globalisation et de mondialisation.

Et le monde « arabo-musulman » qui se prévaut d’une période de l’histoire appelé « l’âge d’or » de l’Islam, ne s’est-il pas laissé dessaisir des savoirs qu’il avait engrangés à une époque où il avait développé les connaissances accumulées chez les peuples aux civilisations resplendissantes gréco-romaine, byzantine, perse par ces même peuples européens qui ont su transformer les concepts, les valoriser pour donner des technologies nouvelles source de leurs progrès ?

Nous devons nous poser certaines questions dont la pertinence ne peut qu’avoir des retombées positives et « apaisantes » pour notre pays. Les erreurs ou les fautes commises occultées ne menacent elles par leur réédition le parcours des hommes c’est à dire le destin des peuples ?

Karim Younes