Réponse Global à un questionnement collectif

Beaucoup d’amis et de professionnels de l’information s’interrogent sur mon «silence » disent-ils, sur la scène politique. Pourtant par le passé, pas lointain, j’ai donné l’explication de mon vœu de « retenue » sur les questions de l’heure. Leurs traitements ne sont pas à mon humble avis prises en compte de façon vigoureuse et ne reflètent pas une volonté forte d’imaginer des réponses appropriées aux interrogations de la société.

Rappel des prises de positions :

Sur l’action militante :

-Je suis de ceux qui pensent que celle-ci a évolué. L’individualisation de la société et le désenchantement idéologique ouvrent de larges boulevards pour un engagement ponctuel pour des causes précises et concrètes même si cette mobilisation demeure limitée dans la durée.

-On peut donc militer pour une cause d’intérêt général, sans pour autant s’enfermer dans un carcan organique. J’apporterai mon concours à toutes les causes qui s’inspirent de l’écoute de nos citoyens. Je suis aujourd’hui dans la trajectoire d’un homme libre qui cultive sa liberté de pensée et d’action.

Je le dis et le répète je suis dans ce nouvel état d’esprit, j’espère définitivement.

-Quant aux débats sur les personnes, ils ne m’intéressent pas. J’ai déjà exprimé ma totale liberté d’indifférence sur la question des crises internes conjoncturelles et des hommes politiques qui les alimentent à leur profit ou à leur corps défendant…

-Pour moi et j’en ai la conviction profonde « faire de la politique », c’est surtout s’ouvrir une fenêtre sur la société pour examiner les problèmes dont elle souffre, c’est de proposer des solutions pour améliorer son fonctionnement en évitant de le faire dans l’agitation stérile, en flairant le vent.

-Ceci dit et même si l’on observe un relatif désintérêt du citoyen à la chose politique, les partis politiques sont nécessaires dans la vie publique et la pratique démocratique. Leur rôle d’intermédiation est indispensable pour la stabilité de la Nation où chaque expression devra trouver sa place.

-Je suis un militant à l’esprit libre qui s’engage dorénavant librement dans des activités basées sur les nouvelles solidarités, sans que cela m’empêche de prendre position par mon action et mon discours sur des questions politique, économique culturelle et sociale quand cela est nécessaire et…possible…

-Je n’ai donc pas quitté la scène politique, il est plus juste de dire que je ne suis plus depuis plusieurs années l’hôte de média lourds, que je récuse, il est vrai, des médias privés notamment, qui ne manquent pas l’occasion pour m’inviter sur leurs plateaux.

-Ceci dit, je le dis à certains esprits pas toujours nets, je ne suis parti nulle part. J’habite et je vis en Algérie. Je n’ai aucun bien à l’extérieur directement ou indirectement. Je vis les problèmes des millions d’Algériens. Je suis là. J’observe la société et j’analyse ce que nous faisons. Je me fais une idée et puis j’apporte mon concours en tant que citoyen.

-C’est la meilleure responsabilité qu’on doit avoir vis-à-vis de son pays. En outre, la grandeur et la servitude militante s’exercent sans qu’il soit besoin d’assumer directement une responsabilité de direction médiatisée. Je suis bien heureux comme ça.

Sur la situation socio-économique :

-Pour ce qui me concerne j’éviterai tout raccourci menant à des décrets aussi inconvenants. Il n’y a jamais que du blanc ou du noir dans un bilan. On peut cependant estimer que l’Algérie bénéficie de beaucoup d’atouts pour atteindre de meilleurs résultats. Ce n’est pas le cas.

-La sagesse est désormais, et tant qu’il est encore temps, d’accompagner les lignes de forces qui traversent nos sociétés par des moyens pacifiques, de nous prémunir contre des dérapages fâcheux, d’abandonner l’enfermement dans un ego surdimensionné, préjudiciable, improductif et vain.

Sur le paysage politique :

-Je n’ai jamais opposé Nature et Culture. Pour moi les deux concepts se complètent et s’auto-pénètrent. Je me confie sans calcul à ce couple qui vit en parfaite osmose, comme les deux faces d’une même pièce. Il me mènera à travers le dédale de la vie jusqu’à ma destinée finale. Je n’ai donc, aucun amarrage ; mon chemin est guidé par le seul phare de ma conscience.

Je le rappelle à chaque fois que l’occasion m’est donnée :

-Il convient de ne pas nous tromper de cibles. Nous devons aussi transcender les rancœurs et les rancunes dont chacun sait qu’elles sont stériles, parfois puériles, dans tous les cas contre-productives. C’est vrai qu’aujourd’hui, le mercantilisme généralisé, l’affairisme du corrupteur et du corrompu se conjuguent jusqu’à effacer les valeurs d’éthique, de solidarité, de fierté et de dignité qui ont fait la force de l’Algérien.

-Le défi d’aujourd’hui est surtout la promotion de l’insertion de l’Algérie dans la géopolitique émergente du XXIème siècle, celle marquée par l’apparition de nouvelles puissances qui pourraient remettre en cause la domination de l’Occident, d’être présents et actifs afin de se construire une place aux côtés de la Chine et de l’Inde, de la Russie qui se relève et du Brésil. Ces nations aspirent à devenir des puissances planétaires sur le plan économique et militaire. Pourquoi pas nous ? Les moyens existent. La volonté et le savoir-faire beaucoup moins,il est vrai.

-L’Histoire se réalisera de toutes les façons, quoiqu’il en soit, que chacun réfléchisse sur la place qu’il doit occuper dans la réalisation de cette ambition car les positions d’attentisme, de complaisance, de flagornerie, de patriotisme manipulateur ou de nationalisme d’apparat nuisent au développement harmonieux de notre pays. Et, faut-il le rappeler tout le monde reconnait que le discours politique ambiant est décrédibilisé. Il ne fait qu’approfondir les risques d’implosion, où seront victimes les valeurs en cours dans la société.

Le nationalisme dont se font les chantres, certains puissants du jour, ne peut être leur apanage. Il est un état d’esprit cultivé depuis toujours par les Algériens, pour lequel la guerre de libération nationale a rassemblé tous les courants politiques autour du même emblème, autour d’un même combat, l’indépendance nationale, autour des mêmes sacrifices qui ont forgé l’unité nationale. L’amour de la patrie n’appartient donc à personne en exclusivité, c’est une revendication de tout le peuple algérien.

Enfin, je terminerai en disant que l’écriture est un espace de liberté. Un instant de paix. Celui d’un moment pour soi où l’on construit quelque chose, une trace de son passage, un témoignage de son époque…C’est un cadre stratégique d’expression qui me convient bien pour apporter ma pierre à l’édifice d’une Algérie réconciliée avec son passé et soucieuse de l’avenir des générations à venir. Et je le déclare sans paternalisme aucun, Inutile, et stérile d’ailleurs.

Malheureusement, et il n’est pas exagéré de le penser, nos martyrs et ceux qui ont voué leur vie pour l’Algérie doivent être perturbés dans leur repos éternel devant le spectacle navrant des offenses au passé, des errements au présent, qui hypothèquent de manière de plus en plus irrémédiable l’ouverture vers des horizons plus sereins.

Soyez indulgents chers amis si certaines réflexions sont insuffisamment traitées. L’espace ne le permet pas. Remerciements

Karim Younes

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