Où va t-on ?

J’ai écrit ceci dans un ouvrage publié récemment, et cela me semble toujours d’actualité : « L’Algérie n’est pas une terre de nulle part. Les Algériens ne sont pas un peuple qui s’éveille au monde et à la civilisation.

Chaque mètre carré de notre sol, chaque pierre de nos montagnes, chaque grain de sable porte en lui les traces d’une civilisation de bâtisseurs, de héros. Nous nous devons de contribuer à l’éveil de la conscience du peuple algérien sur ses origines et sa fierté de faire partie de ceux qui ont puissamment contribué à l’essor de la civilisation humaine ».

Connaître notre histoire, c’est asseoir définitivement notre être en ce millénaire de l’identité. Écrire, fouiller les entrailles de notre terre pour découvrir les parcelles de notre identité sont un devoir politique. La Tunisie s’enorgueillit toujours d’abriter Carthage, l’Égypte n’arrête pas de fouiller pour mieux connaître son histoire millénaire.

Dans le même temps, les États-Unis d’Amérique pillent et effacent les vestiges de l’Irak mésopotamien, la France déculture ses colonies. Deux situations, deux oppositions, deux guerres sourdes dont l’enjeu est la primauté de l’être culturel et civilisationnel de l’Occident aux dépens des autres peuples du monde ».

L’avenir ?

Globalement nous sommes à un moment où la situation actuelle est une sorte de « milieu de gué » issue d’un passif avec tout ce qu’il comporte de positif et de négatif, un actif (présent) caractérisé par une volonté affichée pour rattraper des retards et semble-t-il des erreurs en changeant de cap.

Entre temps, beaucoup de paramètres ont changé et viennent perturber aussi bien les programmes que les moyens de réalisation. Le résultat se traduit en ce moment par l’absence de vision à moyen et long terme et l’incertitude quant à l’atteinte des objectifs espérés.

Nous sommes dans une situation d’incertitude qui fait craindre des lendemains inquiétants à notre pays. Il est irresponsable d’adopter des positions d’attentisme, de complaisance, de flagornerie, de patriotisme manipulateur ou de nationalisme d’apparat dans un contexte pareil.

Quand le prix du pétrole augmente, tout va bien en apparence grâce à la rente. Mais dès qu’il baisse, c’est l’alerte, le recours aux coupes budgétaires, le recul en matière de développement, pour la simple raison que le pays ne vit que de sa rente et d’aucune autre production de richesse.

La possession, le développement, la valorisation, et la bonne gestion de nos ressources minières et d’hydrocarbures aurait dû permettre au pays de devenir un pays émergent, au lieu de sombrer dans le piège que propose systématiquement le FMI aux états en voie de développement, à savoir du crédit contre une ingérence masquée par un apprentissage à la démocratie, et surtout une restructuration douloureuse et forcée de notre économie.

La rente pétrolière a été pourtant menacée à plusieurs reprises, et aujourd’hui plus que jamais, non seulement par la baisse des prix dont on peut envisager une reprise, mais surtout par la baisse des réserves et des capacités de production.

Même si cette production pouvait durer encore des décennies grâce au fameux gaz de schiste tant controversé et dont on n’a pas encore évalué le rendement ni senti l’odeur, il va falloir avant tout penser à assurer avec la sécurité énergétique du pays et des générations futures.

Cette évolution géopolitique de l’Algérie est tributaire du basculement du pays du camp des non-alignés vers celui de l’OTAN. L’Algérie en effet collabore avec l’OTAN en Méditerranée dans le cadre du partenariat pour la Méditerranée.

Cette collaboration tenues jusqu’ici loin de l’opinon ne devrait pas se faire à l’encontre de nos intérêts stratégiques. Il en est de même pour la nouvelle réorganisation des voies de transit des ressources énergétiques dans le monde qui doit être auscultée de très près par nos élites.

Karim Younès

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