KARIM YOUNES RACONTE LA FÉDÉRATION DE FRANCE DU FLN

Paru sur le Quotidien « L’EXPRESSION »Par 

 

L’ancien président de l’APN et écrivain est venu dédicacer son tout dernier livre intitulé «Récits et témoignages de militants de la Fédération du FLN de France» paru aux éditions Chihab.

Comme d’habitude, le décor était bien planté à la librairie Chikh de Tizi Ouzou qui a accueilli samedi dernier l’écrivain Karim Younès. L’ancien président de l’Assemblée populaire nationale et écrivain est venu pour dédicacer sont tout dernier livre intitulé «Récits et témoignages de militants de la Fédération du FLN de France» paru aux éditions Chihab. L’organisation était impeccable. Et les lecteurs venus d’un peu partout, même de wilayas limitrophes, ont pu, non seulement se faire dédicacer leurs livres, mais aussi prendre des photos-souvenirs avec l’auteur de nombreux livres sur l’histoire de l’Algérie, ancienne et récente. Cette séance de vente-dédicace a été surtout l’occasion pour les lecteurs présents de provoquer de riches débats en posant une infinité de questions à Karim Younès qui a répondu volontiers tout au long de ce rendez-vous culturel. En réponse à de nombreuses interrogations abondant dans le même sens, Karim Younès a beaucoup insisté sur le fait qu’il ne faille pas s’attarder longuement et inutilement ou focaliser le débat au sujet de la Révolution de Libération nationale sur les conflits internes ayant émaillé ce combat noble. Karim Younès a affirmé que la guerre de libération est une grande et magnifique épopée et de ce fait, il faut que tous les Algériens braquent les yeux sur les hauts faits de cette guerre et s’imprègnent des leçons à en tirer. Donner de l’importance à des débats stériles va faire que les nouvelles générations n’auraient plus, comme symboles et repères, les grands hommes qui ont fait la guerre glorieuse de notre indépendance, a estimé Karim Younès. Et dans ce cas, ces jeunes iront en quête d’autres repères, ailleurs, comme en Afghanistan. Karim Younès a ainsi développé un discours dépassionné et pédagogique tout au long de sa rencontre avec les lecteurs, samedi dernier à Tizi Ouzou. Ce qui a permis d’apaiser les esprits de quelques présents, venus avec des a priori et des préjugés, poser des questions sur certaines figures importantes de la Fédération de France du FLN. «Beaucoup de choses fausses se disent et se racontent sur des personnalités de la guerre ayant joué un rôle déterminant dans la guerre d’indépendance. Mais dans la majorité des cas, il ne s’agit que de rumeurs colportées pour diverses raisons dont la jalousie», a assuré Karim Younès. Ce dernier a ajouté qu’on ne peut pas réduire une aussi glorieuse page de notre histoire à ce genre de considérations mesquines. D’ailleurs, l’un des lecteurs présents, venus de Bordj Menail spécialement pour cette séance de vente dédicace a affirmé, dans le même sillage que Karim Younès: «J’avais 13 ans quand la guerre d’indépendance a éclaté et j’ai beaucoup lu sur plusieurs révolutions dans le monde, elles ont toutes ce côté sombre, mais ce n’est pas pour autant qu’on s’y attarde.» Il y a lieu de rappeler aussi que de nombreux anciens militants de la Fédération de France du FLN étaient présents à cette séance de vente dédicace car ils sont les premiers concernés par le livre de Karim Younès. Dans ce nouveau livre, paru il y a quelques jours aux éditions Chihab, Karim Younès est allé à la rencontre de nombreuses figures presqu’oubliées de la Fédération de France du FLN. Pourquoi ce thème? «J’ai constaté que, quand il s’agit de l’histoire de la guerre d’indépendance, on a tendance à parler constamment des mêmes personnalités, or, il y a de nombreux acteurs restés dans l’ombre, mais qui ont joué néanmoins un rôle prépondérant», répond Karim Younès.
Pour écrire ce livre, Karim Younès s’est principalement et beaucoup appuyé sur le récit et témoignage de Arezki Ait Ouazzou, ancien cadre de la Fédération de France du FLN. D’autres acteurs de premier plan ont été aussi associés à l’écriture de ce précieux livre d’histoire comme Chabane Merkal. En parcourant le livre de Karim Younès, on constate que ce dernier n’a pas fait qu’effleurer le sujet, mais il est allé en profondeur. Il s’agit d’une véritable plongée dans l’histoire de la guerre d’indépendance. Ce que nous permet d’apprendre d’abord et avant tout le livre de Karim Younès, c’est le courage et la dignité incroyables dont étaient dotés les maquisards et les combattants algériens pendant la guerre d’indépendance. On voit aussi défiler, tout au long des 272 pages de l’ouvrage ce rêve, parfois perçu comme impossible, voire utopique, de libérer l’Algérie du joug colonial et de voir l’Algérie indépendante. C’est d’ailleurs, l’idée qui se dégage d’emblée du livre en lisant la citation mise en exergue au début du livre. Il s’agit de la déclaration faite par le jeune nationaliste Taleb Abderrahmane à ses bourreaux quelques minutes avant qu’il ne soit guillotiné à la prison de Serkadji, le 24 avril 1958: «Pour ma patrie, pour mon idéal et pour mon peuple, périr n’est qu’un sublime sacrifice auquel je suis résigné… Je saurai mourir. L’Algérie sera libre envers et contre tout.»

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