AHMED BEY, DERNIER DIGNITAIRE TURC DE CONSTANTINE.

Ahmed Bey, de son vrai nom Ahmed Ben Mohamed El-Sharif Ben Ahmed Bey El-Kolli est né en 1786 ; il défendit sa ville dont il était bey, c’est-à-dire gouverneur, depuis son intronisation par le Dey Hussein en 1826 jusqu’en 1837, date de la chute de la capitale de l’Est.

Il poursuivit la résistance contre l’invasion française dans le massif des Aurès, et même au-delà dans le désert jusqu’à l’épuisement physique à la tête de ses troupes, dernières rescapées de la bataille de Constantine, remportée par l’armée coloniale.

Les batailles de Staoueli et de Sidi Fredj auxquelles il avait participé à la tête d’une troupe de sa province lui ont donné goût à la résistance contre un adversaire qui ne s’embarrassait d’aucun scrupule d’ordre humanitaire.

Refusant l’offre de reddition, il retourne dans son fief, Constantine où il mènera le combat pour sa défense, remportant la première bataille en 1836 face aux troupes menées par le général Clauzel.

Il a fallu un deuxième siège pour que Constantine cède en 1837 devant l’assaut donné par le général comte Damrémont avec ses 24 400 hommes, équipés d’une artillerie lourde et un corps de génie d’élite.

Les généraux Damrémont et Perrégaux tombent au cours des combats.

Face à la suprématie de l’artillerie, des brèches dans le mur d’enceinte permettent aux troupes françaises de faire des incursions de plus en plus incisives, mettant les troupes du bey dans une situation impossible à tenir.

Un combat de rue avec des atrocités inimaginables, proche d’un combat de fauves, est remporté par les troupes coloniales qui poursuivront leur « œuvre » destructrice et inhumaine pendant quelques jours encore.

Le bey sort de la ville avec quelques cavaliers rescapés et rejoint le massif des Aurès d’où il réorganise ses troupes. L’armée coloniale étant plus puissante, il finit par se rendre le 5 juin 1848, lui-même affaibli par la fatigue, l’usure, d’autant que les forces qui lui sont restées fidèles sont à bout de résistance.

Il terminera sa vie en détention à Alger et sera inhumé dans le mausolée de sidi Abderrahmane Athaalibi, le saint patron d’Alger.

On lui doit la construction du palais du bey de Constantine, une magnifique œuvre architecturale de l’époque ottomane.

Karim Younes

Les Éperons de la conquête…L’impossible oubli
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